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La méditation du thé est un moment où nous avons beaucoup de bonheur à être ensemble pour savourer le thé, tout simplement. Nous sommes assis, détendus, sans avoir rien de spécial à dire. L'occasion est idéale pour arroser les graines de bonheur et de joie, l'amour et la compréhension en chacun de nous.
Historiquement et culturellement, la préparation du thé a souvent été régie par une dimension plus complète, intégrant le corps et l'esprit mais aussi l'environnement du pratiquant. La cérémonie du thé pratiquée au Japon, ce sont les principes du bouddhisme zen qui orientent le corps et l'esprit de celui qui prépare le thé.
La rigueur de zazen, la pratique assise, s'y retrouve très clairement, à tel point qu'ignorer le sens des gestes rend la préparation du thé presque absurde. Le thé n'est plus préparé exclusivement pour étancher la soif ou pour être dégusté, mais par soucis d'approcher le geste "complet" ou "parfait".
Méditation vient du mot Dhyana en sanskrit. Il est important de noter, au-delà de la seule dimension linguistique qu'il n'existe pas d'équivalent sanskrit du verbe "méditer". Qu'est-ce à dire? On ne médite pas comme on se brosse les dents. Il ne s'agit pas de frotter pour enlever une mauvaise haleine.
Il n'y a rien de mauvais à rejeter au profit d'un nouvel exotisme meilleur à adopter. Non, au lieux de prendre ou rejeter, il s'agit de s'ouvrir à ce qui est, aussi complètement qu'il nous est possible. Et pas seulement le temps d'une pratique.
Ainsi dire je médite tous les matins au réveil... est incorrect. Tout au plus passe-t-on quelques minutes assis, les yeux mi-clos et l'esprit encore endormi, à se concentrer sur notre respiration... ce qui est déjà pas si mal. Mais vous pourrez partiquer de la sorte 10 ans sans obtenir des résultats éloquents.
La générosité de la plante, la humilité de celui qui la caresse, l’acte qui inclut tout l’univers dans une petite théière que le même thé nous donnera toute une nouvelle dimension de sensations selon l’intimité qui lui est offert. Bien sur, la théière aura besoin d’un long traitement de sa peau avant donner vraiment les meilleures conditions pour une inoubliable rencontre avec le thé.
Recouvrer dhyana, l'état-méditation, revient à se simplifier, à se découvrir pour mieux s'ouvrir à cette perspective sans point de référence et à agir. Entrer dans cette dimension où le point de repère "extérieur" n'est plus utile à confirmer nos choix, à légitimier nos actes, revient à entrer dans la sphère de créativité. S'inviter à oser ce nouvel horizon rend la préparation du thé d'autant plus stimulante et significative.
Lorsque l’on verse du thé dans une tasse, d’abord le thé est agité et puis, si on laisse la tasse sans la remuer, le thé va devenir peu à peu totalement immobile, tout comme la tasse. C’est la même chose lorsque l’esprit s’établit dans un état de calme naturel, de relaxation, si l’on n’agit pas sur cet esprit, il va demeurer dans cet état de calme et cet état de relaxation va s’accroître, ce sentiment de tranquillité, de calme va s’approfondir. Si l’on ne laisse pas l’esprit demeurer dans cet état de relaxation, c’est comme si l’on continuait à bouger le thé ou à remuer la tasse.
Quant l’esprit est ainsi établi, une détente de plus en plus profonde se développe, avec laquelle on se familiarise au fur et à mesure de la méditation, et c’est cela qui conduit à la libération. Méditer est accessible à chacun de nous... Pas besoin d'être adepte de telle ou telle philosophie pour méditer... Il suffit de focaliser son attention sur quelque chose et de prendre conscience de ce qui se passe à cet instant précis. Méditer 20 ou 30 minutes par jour produit d'énormes bienfaits sur l'organisme.
La méditation du thé en quelques mots